Mon Parrain en Franc-maçonnerie

Un jour, alors que je piétinais impatiemment devant l’entrée du Temple, il a proposé de m’accompagner pour m’aider à faire mes premiers pas vers la FM, pensant que j’étais suffisamment proche des valeurs qu’il revendiquait, qu’il aimait … j’ai été touchée par cette reconnaissance.

Direct, sans détours mais toujours bienveillant. Ce sont des qualités que j’apprécie terriblement.
Il m’a aidée à attendre, à réfléchir, à me poser.

Et puis il était là à mon initiation. Sa joie était palpable, je l’ai ressentie très fort, j’en étais étonnée. Je ne comprenais pas bien cette émotion si intense de sa part.
Je la comprends mieux aujourd’hui parce que, moi aussi, j’ai ressenti une émotion profonde lors sa disparition en décembre. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si intense car nous étions éloignés géographiquement (Skype permettait de nous voir et échanger de temps à autre).

Lors de ma première Tenue en 2018, son étonnante présence à mes côtés, j’ai pensé si fort à lui et à sa fraternité enveloppante. Il y a un lien qui se noue entre les francs-maçons, je m’en aperçois un peu plus chaque jour.

J’ai reçu de lui, en héritage, la compréhension des liens qui nous unissent. Je vais passer Maître cette année et il ne sera pas là. J’en suis triste, vraiment triste.
Il me reste le plaisir qu’il ait lu les travaux que je présenterai à cette occasion. Il était fier de moi et ça me bouleverse d’y penser encore aujourd’hui. Sa confiance était absolue et m’a envahie …

Il y a des individualités très différentes en FM. La FM, pour lui, c’était avant tout la Fraternité. Il l’aimait plus que tout. Aucun débat, même houleux, n’a jamais entamé cet idéal.
Sa joie de vivre, son amour de l’art et de la culture, sa passion pour les motos et les femmes m’étonnaient par ses exubérances alors qu’il était plutôt pudique sur sa vie …
Une capacité incroyable de résilience, une fraternité forte et non négociable, une franche spontanéité pour dire son affection ont fait oeuvre.

Je t’emmènerai avec moi de midi à minuit tant que je vivrai.

« Que jamais l’art abstrait qui sévit maintenant n’enlève à vos attraits ce volume étonnant,
Aux temps ou les faux culs sont la majorité, gloire à celui qui dit toute la vérité. » Georges Brassens

Lautrec

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