Archives mensuelles : février 2018

Toujours le même refrain

Refrain : “La Franc-Maçonnerie est une société humaine, on y trouve de tout du pire comme du bon.”

Paf, ça s’est dit !

On est des fois étonné de voir des frères ou des sœurs se prendre le chou pour des raisons diverses. Cela peut même finir en explosion au sein de le loge et l’on voit une partie de ses membres claquer la porte du temple.
Et la Fraternité, bordel !

“Mais c’est quoi ça ? Vous beuglez que les maçons ne jugent pas et doivent accepter que l’autre puisse avoir un point de vue différent … et vous flinguez allègrement une loge par divorce aux forceps.”
C’est peut-être une forme de Fraternité que de quitter un environnement en crise afin d’apaiser les clans en dispute.
(Refrain)

C’est pareil sur l’internet maçonnique. On ne se gêne pas à y dénoncer les travers des uns et des autres en jetant en pâture nos défauts aux profanes.
Certains blogues sont jugés polémiques, car souvent en guerre contre certaines obédiences. Mais, si tout roulait sans problème sans que certains d’entre nous ne soient atteints de cordonite aigüe, y aurait-il encore à polémiquer ?
(Refrain)

Le pire dans ces blogues est souvent dans les commentaires où des frères et des sœurs s’engueulent par réponses alternées, montrant au reste du monde qu’il n’y a pas UNE Franc-Maçonnerie, mais DES Francs-Maçonnerie. Que l’image d’un groupe dit de réflexion est fortement écornée et que le public profane doit bien se marrer en lisant les fils de discussion.
(Refrain)

Et pourtant, et pourtant … notre méthode de prise de parole nous apprend à dépassionner les débats, à réfléchir avant de l’ouvrir, de ne s’exprimer qu’une fois et à son tour.
“Mais mon très cher Frère, ce que tu expliques est la règle en loge ; ici on est sur internet” .
Ah bon ? On ne serait maçon que deux ou trois heures par semaine ? On perd ses valeurs et son sang-froid une fois hors du temple ?
La spontanéité, pour ne pas dire l’immédiateté que l’on s’impose pour répondre le premier sur les blogues ou les réseaux sociaux biaisent totalement la réflexion.

Un échange autour d’une table pour répondre à ces sujets serait fort différent, ne fût-ce que par la présence physique de l’autre, par ses attitudes non verbales et par la proximité. Derrière son écran on devient différent, on doit marquer son territoire en pissant des phrases que l’on ne dirait pas en loge.
(Refrain)

Alors, chers amis profanes, vous ne pourrez vous faire réellement une idée de la maçonnerie qu’en rencontrant assez de maçons aux idées différentes et en n’ayant pas peur de partager vos arguments. Tout en sachant que ceux qui sont en face de vous en on peut-être d’autres (des arguments) et que cet ensemble de points de vue ne peut que tous nous enrichir.
(Refrain)

Ne vous laissez pas dérouter par quelques gueulards qui estiment détenir la science infuse et qui écrivent en gras et en majuscule pour bien enfoncer leurs suprêmes visions.
Certes, ce sont des maçons, oui, ils ont été initiés, mais le temps a peut-être érodé les principes pour lesquels ils se sont battus un jour.
(Refrain)

Yaka

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C’est demain

Ah, oui, c’est demain !

Je dois vérifier mes vêtements, une belle occasion de quitter mes éternels sweet et djeans.
Avec une chemise, une veste, déjà je serai un autre homme, ça me fait du bien.

Et puis les décors, à mettre soigneusement rangés dans mon sac. Bon, ça y est.
C’est quoi l’ordre du jour déjà ?
Ah oui, une planche au 3ème puis un 1er degré.

C’est bien de travailler de temps en temps au 3ème, entre maîtres, ce degré permet de se poser les questions essentielles, celles que je me pose souvent, dans la solitude, entre moi et moi.

Mais là, ce sera différent.
D’autres idées que les miennes, d’autres points de vue, d’autres éclairages.
J’espère que la planche sera bien et qu’il y aura des questions.
Ces échanges, c’est finalement le principal.

Ah, et puis ensuite un premier degré, une planche de passage pour passer compagnon par cette apprentie que je connais si mal finalement.
Normalement, ça devrait bien se passer, mais je sais qu’elle va avoir un trac terrible.
Pourtant, il n’y a pas d’enjeu de carrière, de santé…Tout cela n’est pas vraiment vital.

Mais c’est un don qu’elle va faire au groupe, et quand on fait un cadeau, on veut qu’il soit beau et apprécié. Rien n’a plus de valeur que ce qui est donné gratuitement.

Ce travail va nous rapprocher, je le sais. C’est une étape importante qu’elle va franchir, une étape dans sa propre progression.
J’essaierai de discuter avec elles aux agapes.

Ah oui ! Apporter quelque chose pour les agapes.
Est-ce que j’ai ce qu’il faut ? Sinon il faudra que j’aille acheter quelque chose.
Je ne prépare pas souvent de choses à grignoter ensemble, la cuisine et moi, c’est pas forcément le grand amour.
J’irai acheter une bouteille de vin.
Les maçons, ça aime bien boire et manger.
Agapē (ἀγάπη), c’est le mot grec pour l’amour « divin » et « inconditionnel ».
Et c’est vrai que c’est un vrai moment de partage, très direct, ou on aime discuter, plaisanter, porter des toasts… Un bon moment à passer ensemble.
Et s’il y a quelque chose de divin, c’est peut-être à la gloire de Bacchus !

Bon je crois que j’ai pensé à tout.
C’est demain, mais j’y suis déjà un peu…
Bien avant la tenue, c’est déjà la tenue.

Patsch

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Sommes-nous si idiot ?

Depuis que je suis franc-maçon, je me suis pris de passion pour l’étude du complotisme. De découvrir que je faisais partie des Seigneurs du monde m’a fasciné. Bon en y creusant d’un peu plus près et mon compte en banque s’obstinant à rester en dessous du milliard d’euros, j’ai fini par admettre que je n’étais qu’un mouton parmi tant d’autre, une marionnette dirigée en secret par les Maîtres Invisibles.

Mais j’ai pas mal lu sur le sujet et écouté moults émissions tentant d’expliquer le complotisme, d’en mettre à jour les mécanismes et d’expliquer sa propagation. Bien évidemment internet est souvent cité comme nouvelle caisse de résonance d’un phénomène plutôt ancien sauf que là où l’opinion de Dédé du café du commerce allait rarement au-delà des murs dudit café, internet donne à Dédé une audience que ne lui aurait pas enviés certains prophètes de l’antiquité.

Sont particulièrement cités les moteurs de recherche et Facebook, notamment via leur fameux algorithmes qui analysent nos utilisations et nous donnent des résultats qui nous conviennent et qui sont conformes aux idées que nous sommes censé-es avoir. Si je fais 5 recherches sur des chaussures Google va me balancer des pubs sur les chaussures et orienter mes recherches vers les chaussures. Google traitant les idées politiques et philosophiques au même niveau que les chaussures, il en va de même pour nos pensées philosophiques et politiques.

Un certain nombre de penseurs, philosophes, sociologues, psychologues, psychiatres, politologues et autres professionnel-les de la pensées se penchent désormais sur nos pensées pour s’assurer qu’elles ne soient pas envahies par le complotisme. La notion de biais de confirmation, c’est à dire la capacité de notre cerveau à choisir prioritairement des idées qui vont conforter nos opinions déjà établies, est régulièrement citée et à longueur d’antennes, ces messieurs-dames fortes avisées nous rappellent combien notre cerveau est un feignant et combien il est important de se nourrir d’idées opposées aux nôtres pour ne pas nous enfermer dans des préjugés.

Et l’opinion dans tout ça ?
Et bien je vous avoue que ça commence à me chauffer un peu les neurones tout ça. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. Le première c’est le ton sur lequel ces thuriféraires de la diversité nous balancent ça: un peu hautain, genre « vous la masse grouillante », ensuite je trouve que souvent que ce discours émane de gens qui pensent la réalité comme un grand marché ou une économie et que malgré certaines de mes options philosophiques je pense qu’il y a autre chose que cela. Notre cerveau est présenté comme étant une espèce d’adolescent victime de MacDonald, attiré par le sucre, le sel et la facilité. Et pour finir il y a une sorte de condamnation morale, si on a une idée c’est mal, il faut aller chercher du côté de son opinion contraire.

Et le droit à l’opinion dans tout ça ? Je veux dire sommes-nous si idiot-es ? Plutôt marqué à gauche, je ne lis pas le Figaro ou les Echos. Parce que je suis un crétin de gauchiste qui refuse de voir ses idées remises en cause ? Pas vraiment, c’est surtout que c’est chiant et que je m’emmerde profondément à lire qu’il faut sauver l’économie, virer des fonctionnaires feignant-es, que la réforme de l’orthographe va tuer la langue française, que les mesures contre les bagnoles sont liberticides, que Macron innove en tout, que les étrangers nous envahissent et que le mariage pour tous signe la fin de l’humanité, à longueur de pages. Que les analyses savantes destinées à me convaincre de crever le plus vite possible pour que l’économie se porte mieux, à la lecture de la première phrase je sais ce que je vais trouver en fin d’article.
Mais à l’inverse je sais également que lorsque des journaux de gauche m’informent de la fin imminente du capitalisme, que tout les flics sont des porcs à égorger, que tous les patrons sont des salopards sans foi ni loi ou que tout les syndicats sont bons et justes, je sais aussi reconnaître des carabistouilles.

Notre cerveau est peut être feignant mais je pense que nous conservons aussi une forme de capacité à reconnaître lorsqu’une information est juste ou non. Le vrai réflexe, celui qui est salvateur n’est peut être pas de considérer que notre cerveau soit feignant mais que c’est un organe qui est doit être maintenue en activité en permanence et qu’il est nécessaire de nous interroger sur notre appétence pour les informations à forte valeur émotionnelles mais également n’est il pas envisageable que la société entière lui permette de travailler plutôt que d’en flatter ses bas instincts, c’est à dire de supprimer la publicité, de virer les politiciens qui parlent à notre instance reptilienne et d’arrêter de valoriser le mensonge et les raccourcis faciles.

Pas simple non ? Et bien voilà, nous avons de quoi faire travailler notre cerveau pendant pas mal d’années.
Qu’est ce qu’on va devenir intelligent ! ! !

Nobody

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